Michel BARNIER, De la chair à canon pour l’opposition
Le choix de Michel BARNIER était très inattendu dans le contexte de crise politique, actuellement en France. Non seulement, il n’est pas une figure politique très charismatique et son résultat lors des primaires des LR en est assez révélateur.
Certes, C’est un grand technocrate qui a eu à occuper de hautes fonctions aussi bien nationales qu’ internationales. Il a été aussi celui qui a conduit patiemment et avec détermination les négociations sur le BREXIT.
Il aurait pu être Premier Ministre dans un autre contexte; cependant dans le contexte actuel caractérisé par les bons scores obtenus par le NFP et le RN lors des dernières élections législatives, il est tout de même surprenant de nommer un Premier Ministre qui ne vient pas des principaux blocs politiques qui ont obtenu les meilleurs résultats.
Choix d’un PM conforme à la volonté populaire
La tradition républicaine voudrait que quand un parti au pouvoir est battu aux élections législatives, qu’il y ait au moins une cohabitation, et celle- ci devrait quand même permettre le choix d’un PM issu d’un des partis ou blocs ayant obtenu le plus d’élus.
Il ne saurait être concevable ni tolérable que le PM ne soit pas issu d’un groupe politique ayant eu des résultats significatifs. Les calculs et combinaisons politiques doivent être fondés sur la réalité politique..
Les négociations pour le poste de Premier Ministre devraient avoir lieu en priorité avec les groupes politiques ayant obtenu le plus d’élus. Il ne saurait être question pour le Président de la république de choisir directement un PM qui se chargerait de négocier avec les différents groupes et partis politiques, les programmes à mettre en œuvre.
Il est important que le Président de la République prenne bien en compte les résultats des élections législatives et Il doit privilégier les négociations avec les groupes politiques arrivés en tête pour choisir une personnalité influente issue de leur rang; ce qui pourrait permettre une certaine stabilité politique dans le cadre d’une cohabitation.
La première impression est que le choix de Monsieur BARNIER ne reflète en rien les résultats des élections ainsi que de la réalité politique. C’est pourquoi, les groupes politiques arrivés en tête ne se reconnaissent pas du tout dans son choix.
Il n’appartient pas au Président de la République de choisir celui qu’il pense être le mieux à même de négocier avec les partis, mais plutôt de choisir parmi les personnalités politiques proposées par les groupes politiques arrivés en tête.
Le président ne peut pas être perdant dans ces élections et vouloir encore choisir la personnalité à nommer PM qui serait chargée de négocier avec les autres partis politiques un programme de Gouvernement.
Risques d’instabilité politique
Il s’agit tout simplement d’un déni démocratique. Comme l’ont dit d’autres personnalités comme François HOLLANDE, Ségolène ROYAL, Dominique de VILLEPIN, il ne lui appartient pas de choisir directement , mais de discuter avec les partis arrivés en tête et d’entériner une de leurs propositions.
Du reste, Il doit avoir le beau rôle, respecter la volonté populaire et, le cas échéant, prendre la mesure appropriée au cas où le PM issu de la majorité relative fait l’objet d’une motion de censure.
La volonté populaire doit être respectée en ce qui concerne le choix d’un PM qui devrait être issu des partis arrivés en tête; Il en a toujours été ainsi durant la cinquième république et dans les grandes démocraties occidentales.
Le choix d’un PM qui ne reflète en rien les résultats des élections mais qui se fonde essentiellement sur les talents de négociateur d’une personnalité n’ayant pas de représentativité politique significative, présente de gros risques pour la démocratie et la stabilité politiques en France.
Il ne saurait être acceptable de nommer un PM en se fondant sur des calculs politiques qui mettent en avant des partis minoritaires et qui ne reflètent nullement la volonté populaire.
Avec la nomination de Monsieur BARNIER, Le Président cherche à gagner du temps; cela pourrait cependant se retourner contre lui et contribuer à accentuer la colère populaire. Déjà des voix, non négligeables, appellent purement à sa démission, sa destitution et à l’organisation d’élections présidentielles anticipées.
Julien B BA
Analyste Politique
Marseille
Julienbba693hotmail.com